Se souvenir avant d’oublier

Publié le par Karin T

Si la mémoire est quantifiable, qu’en est-il de l’oubli ?

gdelyon3LUNE.jpgLa mémoire vive est volatile, elle s’efface à chaque coupure de courant, au déclic de l’interrupteur. C’est une Mémoire à Accès Aléatoire (Random Acess Memory) appréciée pour sa rapidité, c’est de l’oubli instantané. Tandis que la mémoire morte dort paisiblement sur le matelas dur du disque dur. Elle dort mais se souvient. Le savoir semble ainsi partagé entre une mémoire socle et des souvenirs éphémères.

Document d’étude volumineux, compte rendu d’un travail de recherche universitaire : un mémoire. Ecrire ses mémoires avant d’oublier ses souvenirs. Mémoriser ce que l’on va réciter. Les anecdotes mémorables sont les antidotes contre l’oubli. Les traumatismes de l’Histoires hantent les monuments commémoratifs : les mémoriaux. Sur une feuille volante un mémo qui a perdu son suffixe tombé en syncope, oublié en chemin par le raccourci de l'apocope. Qui se souvient du mémorandum ? Et le poussiéreux mémento s’est transformé en pense-bête. Par bribes ou en entier, certains mots, leur sens ou leur figure se trouvent ainsi happés par des trous de mémoire.

La mémoire ne se transmet pas forcément, elle se stocke pour constituer une opacité, une sépulture guère différentes de l’oubli. La mémoire vive, plus dynamique, est souvent préférée. Le flux, le haut débit plutôt que le tertre du savoir qui sommeille en chacun. Par sa perpétuelle inscription dans le présent, le survenir événementiel, circulatoire et effréné occulte le souvenir essentiel et gravé. Et si le marbre était plus maléable, moins froid ?

Lorsqu’on se souviendra de l’oubli, la mémoire pourra peut-être alors seulement refaire surface comme un lapsus, un écho incontrôlé dont on ne saura quoi faire…

Quelle était la question déjà ?
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Publié dans Pensée

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