Mise au point à la croisée des chemins

Publié le par Mehdi T

Chronique écossaise

scotflag.gifLorsqu’on voyage on prend le temps de se poser... des questions. Et c’est d’abord le drapeau écossais qui a notamment retenu mon attention. Je le voyais flotter.  Je l’entendais claquer. Il m’indiquait la direction ou la provenance du vent. Mais le vent change assez souvent de sens et c’est pour cette raison que j’ai voulu assigner au drapeau écossais un sens très personnel - peut être loin de sa symbolique originelle - en ces temps où l’on agite les drapeaux comme pour être dans le vent.

 Une croix blanche de Saint André sur un fond bleu. Il y a effectivement du bleu en Ecosse, couleur impalpable dans le ciel, volume profond dans la mer, par petites touches sur les terres (les Scottish Bluebells qui exhalent le printemps), criard sur les visages des guerriers du passé…
Les bandes blanches que tracent parfois les nuages soulignent, figurent aussi l’horizon… en diagonal. Deux horizons qui se croisent. D’un côté les terres qui s’élèvent, de l’autre un ciel bas qui s’écrase. Deux horizons qui se joignent, comme pour interdire l’accès : une perspective barrée par les mers, cloisonnée par les brumes, emmurée par les terres. Les HideLandes se cachent et dans leur isolement sembleraient nous isoler. Point de fuite ? A l’inverse, tant de points de fuite possibles. Encore faut-il oser faire l’effort de  franchir tous ces obstacles auxquels notre imagination accorde trop de matérialité.
Une route barrée ouvre incidemment sur d’autres voies. C’est un feu vert pour s’engager dans un avenir proche. Et voilà que maintenant se profile un point rouge dans la brume…
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C’est le drapeau japonais à l’autre extrémité  des élans, des penchants insulaires flottant comme un refuge au milieu d’un océan de velléités.
Au Japon, on fait donc le point. Le point du jour sur le drapeau, un point final sur la nuit passée. Si je parcours l’Ecosse en faisant une croix sur le passé, le Japon m’invite à faire le point. Point de croix ; c’est comme ça que ça se trame. Pas de nouement pas de dénouement. Je fais mon chemin. Chaque jour de nouvelles perspectives, autant de points de fuite en ligne de mire. Des points d’interrogation à chaque tournant, sur l’autre versant d’une montée (blind summit). Des points d’exclamation pour percher mon enthousiasme. Je laisse ricocher des points de suspension afin d’éviter les mots pontifiants (en forme de ponts figés comme des poncifs). Enfin on se gardera de mettre des points sur les i mais des cimes sur les îles. 
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Publié dans Voyages

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