Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /Août /2007 14:09

Zo.jpg

« Quand il n’y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur terre… »
Et il a fallu que ça tombe un samedi soir, alors que je passais une bonne petite soirée entre amis. Nous aurions pu faire un Monopoly, un Poker, un Mille bornes… Mais non !
« Et si on se faisait un p’tit Zombies ? ».
Devant l’enthousiasme général, je suis la troupe et découvre un plateau où règnent le sang et le chaos, bien loin des petites cases colorées du jeu de l’Oie.

L’histoire est connue.
Quelques survivants se réfugient dans un supermarché. Là, ils devront attendre des secours venant par la voie des airs. Seulement, attirés par l’odeur de chaire fraîche, les zombies rappliquent… et en nombre ! Tout droit sorti de leurs caveaux, ils se traînent en geignant, façon George Romero.
Alors dans l’adversité, nous autres vivants devons nous serrer les coudes, jouer la coopération. Notre salut passera par notre cohésion. Tu fais le guet pendant que je jette un œil aux caméras de sécurité et localise les revenants…. Je surveille la porte et tu prends le maximum de munitions dans le camion.
 
Blonde.jpg Coopération ? Cohésion ?
Tu parles ! Ce sera chacun pour soit et Dieu pour tous.
Enfin, Dieu… façon de parler.
Le premier arrivé se serre et se sauve. Le second… passe un sale quart d’heure.
 
Confronté aux macchabés, chacun doit protéger sa blonde, sa brute et son Truand.jpg truand… toujours au dépend des autres ! Commence alors une longue course du magasin de jouets au poste de secours, des toilettes au parking. Et gare l’âme isolée, car si le nombre fait la force, la solitude est mortelle…
Aussi, trahisons et félonies ne manquent pas.
Une porte salvatrice qui se referme, et la « Cheer-leader » se voit condamnée.
Brute.jpg Une sortie en force devenue… solitaire, et le molosse est déchiqueté.
Un sous-nombre face aux cadavres, et le vaurien se fait bouffer…
 
Mais le jeu n’est pas fini. Suprême délice, une fois vos personnages mâchés et digérés, vous rejoigniez les rangs des fêtards morbides, histoire de goûter ceux qui furent vos amis.
Finalement, dans cette ambiance lourde et sanglante, je me suis fait croquer, mais j’ai bien rigolé.
 
Vous reprendrez bien une bouchée de mollet ?
Par Micha - Publié dans : Jeux
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Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /Août /2007 19:48

Chronique écossaise ? stilllifereview-copie-1.jpg

Avant de partir pour l’Ecosse je suis allé voir au cinéma Still Life. Un film chinois où le destin d’êtres solitaires que la foule d’ordinaire inonde émerge le temps du récit. Il est aussi question des villes disparues, rayées de la carte, englouties par les débordements causés par le barrage monumental des trois gorges. Où sont passés tous leurs habitants ? Ils ont dérivés plus loin sur les nouvelles rives du fleuve à nouveau menacées. D’autres ont aussi disparu. On les recherche, on les oublie. Comme les villes qu’ils occupaient, ils sont devenus des fantômes. Ils hantent encore les lieux comme cette sonnerie de portable sous les gravas d’anciennes habitations, un air suranné qu'un règlement de compte n’a pas su étouffer. Pourquoi ces anonymes endurent ils un sort aussi cruel ? Parce que l’indifférence des décisions politiques a eu raison de leurs aspirations à vivre comme leurs ancêtres. Parce qu'un chantier de grande envergure n'intégre pas dans ses paramètres les tragédies esseulées des individus submergés.

stilllifef.jpg Un homme influent donne l’ordre et le pont s’illumine dans la nuit. Sur les hauteurs, les nantis admirent le spectacle et prolongent leur insouciance dans un pas de danse sur la terrasse qui offre un point de vue privilégié sur l’ouvrage du barrage : un miroir qui laisse scintiller les guirlandes lumineuses du pont. On est loin de la misère des populations délogées.

Et pourtant une rime, un écho se dessine à travers la chorégraphie de ce couple qui se sépare. still-lifeh.jpg Il danse une dernière fois avant que les souvenirs partagés ne finissent dans l’eau trouble. Mais le rapprochement se limite au pantomime.

Le dernier plan : un funambule, semble flotter au dessus de la ville. C’est une prémonition qui plane. L'équilibriste ne fait que vaquer sur la future surface. Tout pourrait être irréel, à l'image de ce bâtiment qui décolle. Mais tout est bien là dans cette fiction où le décor, au lieu de paraître fictif, est scrupuleusement tracé, mesuré, nivelé encore quelques temps avant de disparaître sous les eaux. Et bientôt la ville rejoindra son reflet.

Sur la route, à la vitesse d’un vélo – autant dire à la lenteur d’un vélocipède - la contemplation atteint une certaine plénitude. Se mouvoir en silence (pas de moteur), en contact direct avec la nature (pas de carrosserie), est un privilège sur lequel il convient d’insister. Le champ visuel n’est délimité que par la prédisposition physique ; un toit ouvrant découpe partiellement un morceau de ciel. On voit par conséquent tout de près comme de loin. Mais cet élan exalté est perturbé par la violence qu’occasionnent les routes. Si on n’est pas témoins des collisions quotidiennes, on ne peut échapper aux gisants qu’elles ont laissés. Une piqûre qui rappelle au cycliste sa vulnérabilité dans une sorte d’empathie avec les animaux qui ne comprennent rien à l’empressement des véhicules bruyants. Car la nature parcourue, si variée, si vivante, exhibe et exhale parfois sur les bords de la route, les trophées de chasse que les automobilistes ne se sont pas donnés la peine d’enterrer. Chaque jour des animaux choqués, éventrés, écrasés, le regard éteint, parfois méconnaissables agonisent sur l’asphalte. Ce sont des hérissons, des lapins, des écureuils, des chevreuils, des crapauds, des moutons, des agneaux, toutes sortes d’oiseaux… Il arrive que l’odeur de charogne annonce sa vision. Mais le plus souvent, le spectre surgit sans crier gard. La nature morte jonche ainsi les tracés que les hommes ont choisis pour se dépêcher.
Pas de drame, la nature vivante reprend quoiqu’il en soit le dessus. Des chants d’oiseaux infatigables entre les branches, les moutons bêlent, la rivière et les torrents coulent, le vent souffle, les feuillages chuintent, la pluie crépite… Imperturbable, la vie ensevelit toutes agonies éphémères.

Still Life, Jia Zhangke (2006).

Par Mehdi T - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /Août /2007 16:20

- « Space opera ? C’est quoi ça ?

- C’est un style de science-fiction. Ces récits se déroulent à l’échelle de l’univers avec de vastes empires galactiques en guerre, menacer de disparition, ou en conflit avec une Edmond-hamilton.jpg galaxie extraterrestre. Et au milieu de ces géants se débat un héros simple et infime. Edmond Hamilton est le chef de file de ce genre.

- Hamilton ? Connais pas…

- Mais si, tu connais Edmond Hamilton. Tu vas voir ! Ce n’est pas n’importe qui. Il est né en 1904 et après des études de physique, il travaille un temps pour les chemins de fer de Pennsylvanie. Puis, enfin, il se lance dans l’écriture. Et sa plume l’emporte loin. Loin des galaxies connues, au-delà des étoiles visibles. Il publie une première histoire de science-fiction dans le magazine Weird Tales, en 1926. Mais ce n’est que 2 ans plus tard, avec « Crashing Suns » qu’il crée un nouveau style baptisé Space opera.

-  J’imagine que sa carrière d’auteur a décollé…

- Tu ne crois pas si bien dire. Toujours pour Weird Tales, il imagine toute une série restée célèbre sous le nom de « La Patrouille Interstellaire ». On y retrouve tous les ingrédients du Space opera. Captain-Future.jpg

- Et a part ces nouvelles, il a écrit des titres que je connais ?

- Il nous laisse deux cycles majeurs : Les Rois des étoiles et Les Loups des étoiles dont je te conseille tout particulièrement la lecture.

- Non, décidément, je n’y connais rien en science-fiction…

- Bon… Alors je sors mon dernier argument. A la fin des années 30, il crée un nouveau personnage qui fera grand bruit. En gros, il raconte les aventures intersidérales du Captain Future et de ses Futuremen. Ensemble, ils luttent pour la Capitaine-Flam.jpg justice et la liberté. Le Gouvernement intersidéral fait appel à eux … « quand il ne reste plus aucun espoir »… Ah ! Je vois que ça te dis quelque chose.

- Non… Capitaine Flam ?

- Et oui ! Le Captain Future des « Pulp fiction » est devenu le Capitaine Flam de notre jeunesse. Ce dessin animé ayant marqué notre génération est tirée des romans et nouvelles d’Hamilton. Tu vois que tu le connais !

- Les Rois des étoiles et Les Loups des étoiles ? Tu m’accompagnes à la librairie ?
Par Micha - Publié dans : Lecture
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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 19:40
Chronique écossaise

scotflag.gif Lorsqu’on voyage on prend le temps de se poser... des questions. Et c’est d’abord le drapeau écossais qui a notamment retenu mon attention. Je le voyais flotter.  Je l’entendais claquer. Il m’indiquait la direction ou la provenance du vent. Mais le vent change assez souvent de sens et c’est pour cette raison que j’ai voulu assigner au drapeau écossais un sens très personnel - peut être loin de sa symbolique originelle - en ces temps où l’on agite les drapeaux comme pour être dans le vent.

 Une croix blanche de Saint André sur un fond bleu. Il y a effectivement du bleu en Ecosse, couleur impalpable dans le ciel, volume profond dans la mer, par petites touches sur les terres (les Scottish Bluebells qui exhalent le printemps), criard sur les visages des guerriers du passé…
Les bandes blanches que tracent parfois les nuages soulignent, figurent aussi l’horizon… en diagonal. Deux horizons qui se croisent. D’un côté les terres qui s’élèvent, de l’autre un ciel bas qui s’écrase. Deux horizons qui se joignent, comme pour interdire l’accès : une perspective barrée par les mers, cloisonnée par les brumes, emmurée par les terres. Les HideLandes se cachent et dans leur isolement sembleraient nous isoler. Point de fuite ? A l’inverse, tant de points de fuite possibles. Encore faut-il oser faire l’effort de  franchir tous ces obstacles auxquels notre imagination accorde trop de matérialité.
Une route barrée ouvre incidemment sur d’autres voies. C’est un feu vert pour s’engager dans un avenir proche. Et voilà que maintenant se profile un point rouge dans la brume…
japanese-flag-225.gif
C’est le drapeau japonais à l’autre extrémité  des élans, des penchants insulaires flottant comme un refuge au milieu d’un océan de velléités.
Au Japon, on fait donc le point. Le point du jour sur le drapeau, un point final sur la nuit passée. Si je parcours l’Ecosse en faisant une croix sur le passé, le Japon m’invite à faire le point. Point de croix ; c’est comme ça que ça se trame. Pas de nouement pas de dénouement. Je fais mon chemin. Chaque jour de nouvelles perspectives, autant de points de fuite en ligne de mire. Des points d’interrogation à chaque tournant, sur l’autre versant d’une montée (blind summit). Des points d’exclamation pour percher mon enthousiasme. Je laisse ricocher des points de suspension afin d’éviter les mots pontifiants (en forme de ponts figés comme des poncifs). Enfin on se gardera de mettre des points sur les i mais des cimes sur les îles. 
Par Mehdi T - Publié dans : Voyages
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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 16:00

Capitaine-Alatriste---livre.jpg Orphelin, Iñigo Balboa n’est pourtant pas seul…
Fidèle à l’ultime volonté de son ami, don Diego Alatriste y Tenorio, vétéran des guerres de Flandres, veille sur le jeune homme. Et Iñigo le lui rend bien, nous contant les aventures épiques de ce spadassin côtoyant les grands poètes et peintres de son temps. Des rues obscures de Madrid aux fosses boueuses de Breda, à l’assaut d’une caravelle ou contre l’Inquisition, le capitaine Alatriste se dresse en homme de devoir, sans être pourtant le meilleur des hommes. Et il le sait. Ce mercenaire louant sa lame au plus offrant n’est que le soldat d’une Espagne à la cour corrompue, l’enfant d’une foi despotique que régit l’effrayant Bocanegra.
Et comme chaque héros possède son ennemi intime, la silhouette sombre et effilée comme une épée, Gualterio Malatesta surgit là où on ne l’attend pas.
  Capitaine-Alatriste---film.jpg
Depuis Dumas, le roman de cape et d’épée n’est plus, gisant quelque part entre la mode de la littérature des bons sentiments et le thriller psychologique. Arturo Pérez-Reverte, lui, relève le défi de cette renaissance et prête sa plume au jeune Balboa. Ensemble, jouant d’une écriture précise et tranchante, connaisseuse et virevoltante, ils nous plongent dans l’Espagne décadente de Philippe IV où les complots ne manquent pas.
 
Aussi, le Capitaine Alatriste ne pouvait échapper au cinéma…
Par Micha - Publié dans : Lecture
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Jeudi 9 août 2007 4 09 /08 /Août /2007 21:10
Chronique écossaise
P1060899.JPG Parmi les motivations qui animent les voyageurs pour entreprendre leur itinéraire j'ai relevé une destination, un terminus indiscutable sur le plafond des Highlands. C'est un coin d'Ecosse, une page encornée sur le guide, qui pourrait à elle seule fournir l'alibi. John O'Groats pointe à l'angle de la terre, bien plus haut que l'Angleterre septentrionale. Une côte coupée net, rivée vers les îles Shetland... Particularité cartographique ou excentricité topographique ? Ce lieu reste une attraction touristique, non pas pour son histoire mais bien  pour sa géographie.
Un Québécois, que j'ai rencontré dans le train entre Wick et Inverness, venait d'accomplir le trajet qui mène et se limite à ce point de convergence borné sur le bord nord-est dans le comté de Caithness. Il n'avait dès lors qu'un objectif : atteindre en fin de journée Land's End, situé sur l'extrême pointe sud ouest des Cornouailles. Une façon comme une autre de joindre les deux bouts. De John O'Groats à Land's End - 874 miles à vol de mouette - on trace la diagonale la plus étirée de Grande Bretagne ; et le voyage s'inscrit entre ces deux points qui résument en un trait la géométrie de nos pérégrinations. Une expérience qu'on se représente aisément sur une carte. Un tracé qui occulte les écarts pour nous raconter un voyage linéaire. C'est de l'abstraction pure qui ne nous dit rien sur le vécu concret parce que nous faisons précisément abstraction du reste (pour rester vague), des autres points (pour être plus pointilleux). Quelle attention accorder justement à tous ces points intermédiaires qui tissent la constellation des chemins de traverse ?
La veille, j'avais bien failli poursuivre mon chemin vers John O'Groats. Mais j'ai bifurqué, peut-être pour arrondir les angles. Il n'y a pas grand chose à voir, juste un point à atteindre.
Quelques jours plus tard j'étais au pied du Ben Nevis, à 4406 pieds le point culminant sur l'île britannique. Un matin je me suis hasardé dans son ascension. Mais, à mesure que je montais et que les nuages gommaient toute perspective - pas de sommet en vue, qu'une pente sillonnant différents flancs -, je renonçai à aller plus haut. Au niveau d'une cascade (falls en anglais) je suis redescendu.
Dans le Pays de Galle, le Snowdon culmine à 3560 pieds et se dresse au loin pour moi comme un nouveau point à atteindre que je n'atteindrai résolument pas. Car ce qui m'attire en définitive, c'est le point de vue et non le point de but.
Par Mehdi T - Publié dans : Voyages
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Jeudi 9 août 2007 4 09 /08 /Août /2007 14:04
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Qui n’a jamais rêvé de revivre son enfance ?
De retrouver ses années d’insouciance où seules les heures de maths s’étiraient longuement ? 
De revoir parents et amis d’antan dans ces lieux si connus ?
De ranimer un amour de jeunesse ?
Mais que feriez-vous alors ?
Modifiez le futur quitte à ne plus être le même ?
Comprendre le passé afin de mieux saisir le présent ?

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Dans une valse de papillon, Hiroshi Nakahara, 48 ans, se réveille dans son corps d’adolescent. Celui de ses 14 ans. Face au dilemme, il hésite un instant, mais veut savoir. Dès lors, il a quelques mois pour éclaircir ce lourd secret de famille qui le poursuit dans sa vie d’adulte désabusé.
 

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Après L'Homme qui marche et Le Journal de mon père, Jiro Taniguchi, fidèle à sa philosophie, nous livre un conte tout en nostalgie. Pliant la courbe du temps, lentement, doucement, il nous plonge dans une réflexion intime, aux limites de l’introspection. 
Car nous sommes tous un peu Hiroshi…

 
Par Micha - Publié dans : Lecture
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 19:39
 

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La tentation est grande d'exhiber ce qui ne nous est pas permis de montrer dans un espace aseptisé. Figure imposée, marque déposée, scènes osées, regards sclérosés...
Un pur esprit de résistance me pousse à me dénuder en détail pour que le mystère reste entier et la pudeur caressée dans le sens du poil. Voici ainsi mon corps par bribes.
Et d'abord ce qu'on ne voit pas. A voix nue : sans l'habillage d'une mélodie la voix se fraie un chemin dans une pièce vide que la musique n'a pas encore meublée. Ma voix nue résonne dans la tête. Les aspérités des mots prononcés laissent s'engouffrer le souffle de mes soupirs, le ressac de mes aspirations. La voix se noue, les cordes vocales emmêlées. Toujours se taire avant de parler.
 

 

A main nue : c'est comme ça qu'on se bat lorsqu'on est désarmé. La main nue, celle qui écrit se dédouble en sautillant sur le clavier. La plume s'est envolée. Et nous voilà en train de pianoter avec l'illusion d'être ambidextre, question de doigté. 
 

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Pieds nus : c'est la plus noble façon de danser, de marcher et de dormir. Je prends mon pied en photographie.

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L'œil nu, ingénue s'évertue à scruter l'invisible. Par écrans interposés on arrive à voir et à montrer des parcelles d'intimité. En fond d'écran, le fond de la pensée. Quoi qu'en définitive cela reste une surface surfable qu'on ne se donne pas la peine d'approfondir. Ce que j'ai lu, ce que j'ai vu avec mon regard toujours vert (semper veris)...  
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Tête nue : Je tire mon chapeau, ma casquette, mon bonnet. Garder la tête froide en toutes circonstances. La calvitie n'a pas encore pris le dessus. Peut-être aurais-je la chance de devenir chenu avant que le cuir n'ait plus rien de chevelu ? 

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Torse nu : un poil velu, je me frappe la poitrine pour marquer mon territoire.


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Un dos nu s'étire contre le dossier, adossé au vide que laisse le tabouret. Je vous tourne le dos, désolé. Dos crawlé le plafond éclaboussé. J'ai aussi beaucoup voyagé avec un sac à dos éventré...

Fragments de solitude, toutes ces parties de moi cherchent le détachement et s'échinent à recoller les morceaux. Serait-on un jour tombé amoureux sans parachute ? Il est effectivement possible que l'on se soit brisé.

Par MehdiT - Publié dans : Pensée
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 18:29
Avoir échoué quelque part, devenir une épave... P1060480.JPG
Par Mehdi T - Publié dans : Images vagabondes
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 10:29
T--l--phone-fleur.jpg
Content de ma semaine de boulot et heureux du week-end à venir, je rentrais simplement chez moi. Matin et soir, je franchissais le Pont Garigliano ouvert aux vents. Couvert de tags, le Téléphone-fleur de Sophie Calle faisait donc partie de mon paysage sans cesser de me faire sourire… Mais pas ce soir ! Alors que je dépassais la structure rouge et rose, une sonnerie discrète retentie depuis la fleur. Passée la surprise, j’approchais la main du combiné. Mille pensées m’envahirent. Sophie me demanderait ce que je pense de sa création. J’évoquerai mon intérêt pour son univers artistique. Quelques rires ponctueraient notre échange… et, peut-être, m’inviterait-elle dans son atelier… Fébrile, je décrochais, en raclant ma gorge afin de viriliser ma voix, et préparais un charmant « Bonjour Sophie… ». Un « bonjour, je ne suis pas Sophie Calle », très masculin me coupa dans mon élan. « Je suis un technicien et je vérifie la ligne. Vous m’entendez bien ? » 
Oui… je l’entendais bien…
Par Micha - Publié dans : Pensée
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