Dimanche 31 octobre 2010 7 31 /10 /Oct /2010 23:14

 

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Dans le désert d’Atacama des observatoires astronomiques pointent leurs lunettes télescopiques en direction des étoiles, des galaxies, vers des corps qui brillaient il y a des millions d’années. Au sol les gravures sur les pierres préservées par une aridité plus que séculaire témoignent du passage d’une civilisation pré inca. Les astronomes et les archéologues questionnent ainsi le passé avec la patience, la passion et la sérénité qu’impose la transparence de l’air et des horizons  atacamesques. Leurs découvertes suscitent l’intérêt d’une société moins encline à regarder son passé plus récent. Le Chili se réveille au deuxième millénaire avec un siècle d’amnésie. L’extermination des indiens (les Onas, les Yamanas et les Alakalufes pour ne citer que les peuples du sud), l’exploitation des mineurs du désert depuis la fin du XIXème siècle et la dictature semblent s’effacer plus facilement que les figures ancestrales inscrites sur les roches. Un vide interstellaire occulte la mémoire contemporaine du Chili. On préfère focaliser son attention sur le sort de 33 mineurs, à grand renfort de récits épiques – voire mystiques - et de rabâchage médiatique interplanétaire. 33 mineurs dont l’acte héroïque est essentiellement le fait d’un instinct de survie. Les opposants au régime militaire de Pinochet qui avaient aussi un instinct de survie, n’ont pas tous survécu et peinent à refaire surface. On les enterre régulièrement sous des pelletées d’oubli.  Mais la volonté d’effacer ces martyres des pages de l’histoire ne découragent pas ces femmes qui parcourent les étendues de rocailles et de sable à la recherche de corps, ceux de leurs compagnons, de leurs frères, de leurs pères exécutés sans laisser de trace ou presque. Les astronomes, les archéologues et les femmes cheminent dans ce même lieu qui offre plusieurs strates de passé à explorer.photo-Nostalgie-de-la-lumiere

Le film nous décrit avec une douceur étonnante ces trois quêtes qui se télescopent portées par un souffle de lumière pudique, de poésie où les interstices d’ombres et d’amertume tentent vainement de gangréner un océan d’humanisme. Car Patricio Guzman place ses fragments d’humanité au cœur du cosmos. Ces os, particules de calcium, poussière d’étoile dessinent une même lignée, une constellation qui résistera sans relâche face aux ennemis de la liberté. Les bourreaux encore vivants soignent dans leur mutisme une image de citoyens respectables. Les femmes des martyres de la dictature n'en d'autres choix que d'interroger le désert moins silencieux. Il s’agit de recoller les morceaux de destins brisés par ce coup d’état du 11 septembre 1973. Dans le ciel, les étoiles mortes continuent de briller comme les yeux de ces jeunes rêveurs portés par l’accession au pouvoir de Salvador Allende. au début des années 1970. Patricio Guzman nous offre un film lumineux comme une respiration céleste.

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Par Nous - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 10:31

Le cinéma en 3 D occupe depuis quelques mois un nombre croissant d’écrans. Effet spécial ? Effet de mode ? Signe des temps et de l’évolution des attentes d’un public en quête de nouvelles illusions ?

Tout cela peut-être longuement débattu c’est pourquoi je vais plutôt évoquer une expérience 3D qui se passe de lunettes puisqu’elle n’est pas virtuelle. Certes il suffit d’ouvrir les deux yeux pour entrer dans ce monde réel (si commun). Encore faut-il trouver le décor approprié pour entamer une réflexion sur la matérialité des volumes qui nous entourent. Une promenade en ville, une ballade en nature, le parcours d’une exposition de sculpture fournissent autant d’avatars en 3D qui déclinent ces possibilités (esthétiques) d’éprouver notamment la sensation du relief et de la profondeur.

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Depuis près d’un an à Roland Garros l’exposition « Bulles et balles » nous offre cette fois l’opportunité de nous immerger dans l’univers en 2D de la BD sans qu’il faille préalablement passer au rouleau compresseur. On y déambule ainsi au milieu d’un savant éclatement de cases et de phylactères, réduit à l’échelle des pages d’un album et sur le tracé - entre la gomme et le crayon - d’un cour de tennis. Comme Alice dans son pays des merveilles on est plongé au cœur de l’arène tennistique côtoyant une foule, que dis-je, une bande de personnages dessinés : Gaston, Leonard, Cubitus, Pif, Spiderman, Bécassine, Snoopy, Donald, Mademoiselle Louise, Babar et même l’énigmatique Jimmy Torrent.  Tous ces héros avec leur personnalité propre, leur virtuosité, leur maladresse, leur épopée ou leurs anecdotes… illustrent les multiples facettes du tennis. Ainsi, à travers les échanges riches et constants entre le tennis et la bande dessinée, les idées, les gags, les prouesses techniques foisonnent. A chaque pas on assiste à ces heureuses rencontres sources d’enchantement, de rires, de sourires et toujours d’enseignement. P1120116Car le parcours est d’une lucidité ludique mené par un scénario subtile en huit chapitres et quelques écarts pertinents. On entre constamment sans la moindre sensation d’huis-clos mais plutôt avec le sentiment d’une échappée toujours renouvelée. Le scénario, le dessin préparatoire (au crayon ou directement au feutre), l’encrage et la mise en couleur s’élaborent successivement tandis que Snoopy philosophe, que Gaston a une illumination inquiétante, que Donald fait son McEnroe ou que Léonard s’approprie génialement l’invention du tennis. Et dans ce chaos bon enfant la ligne claire du cour est soudainement franchie avec Prince du tennis et, à travers lui, on découvre le traitement du tennis version manga. Tout l’art de la BD est raconté dans cette belle expo par ses auteurs, ses créateurs mais aussi par sa forme spécifique d’expression liée à une certaine narration, un mode de représentation dans un espace particulier. De même qu’au tennis les règles et les bases ont progressivement été mises en place, il reste par différentes techniques à introduire des variantes, découvrir de nouveaux gestes, occuper l’espace autrement. Les rebondissements sont sans fin. Ca tombe bien on avait envie de rester encore.

 

BULLES ET BALLES, Le Tennis en bande dessinée – depuis le 10 juin 2009 et jusqu’à la fin du tournoi 2010 de Roland Garros.P1120107

Par Mehdi T - Publié dans : Art
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 17:51

Devant les tableaux de James Ensor nous sommes d’abord fascinés par le foisonnement des couleurs, le crépitement de la lumière au rayonnement souvent mystique. Car la peinture a été appliquée pour rendre une dimension matérielle à la représentation de l’artiste (celle qu’il se fait du monde aussi bien que celle qu’il révèle au monde). Le tableau n’est déjà plus une trouée à travers le mur, une fenêtre illusoire ouverte sur des perspectives chimériques. La toile est redevenue le support privilégié sur lequel le peintre rend compte de sa sensibilité, de sa représentation subjective d’une réalité parmi d’autres. Une des réalités qui intéressent James Ensor est celle qui recouvre justement la réalité au point de nous tromper dans notre appréhension des choses et des êtres. Les mensonges, les apparences sont pour cela saisis avec leur fard, leur coquille, trahis en somme par la matérialité de leur trahison. La représentation formule une dénonciation du prestige montré, monté, comme authenticité admirable : une fois le dupeur pris en flagrant délit de duperie, plus personne n’est dupe. De la même manière le masque est là pour démasquer. Les sourires figés n’expriment assurément plus la joie mais davantage la fausse joie et par extension la fausseté dans ces éclats qui tendent à articuler une mascarade. La peinture est matière et ne nous trompe pas, en ce qu'elle ne prétend pas incarner autre chose. Elle attrape la lumière, nous la renvoie sans nous conduire plus loin à travers la surface de la toile tendue. Une toile tendue non plus comme un piège mais comme un réceptacle où les couleurs ont glissé, se sont heurtées; peut-être aussi pour laisser glisser de nouveaux sens, et nous heurter par une conception amer de la société. L’honnêteté de James s’en sort grandie. Et lorsque le visage ne se cache plus derrière un masque c’est pour révéler une face décharnée, un squelette, le seul visage qui reste à l’épreuve du temps et des vanités qu’il a supporté sous une chaire éphémère.

 

Illustration: Les masques scandalisés, 1883. Dans ce tableau, James Ensor laisse entrouvrir une porte d'incertitudes: qui porte le masque ? Qui porte la culotte ? Quelles expressions résident sous ces visages fermés ?

Par Nous - Publié dans : Art
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 11:27

Célèbre pour ses falaises, Etretat l’est aussi pour son aiguille devenue creuse par la seule puissance de l’imaginaire d’un homme.

 

 


Maurice Leblanc loue la villa le « Sphinx-Cottage » à trois reprises entre 1915 et 1918 à l’éditeur Fasquelles. Ce n’est qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1919, que l’écrivain achète la villa. Le « Sphinx-Cottage » devient « Le Clos Lupin ». « Mon meilleur Lupin », comme l’écrira son nouveau propriétaire.

 

Maurice Leblanc installe son bureau dans cette pièce en rotonde dominant le jardin. Jardin dont il prendra le plus grand soin, laissant même des consignes posthumes.

Là, par une porte dérobée sous la pergola, Arsène Lupin lui-même se glisse entre les fleurs et les statues sans tête. Le célèbre gentleman-cambrioleur rend de nombreuses visites à son biographe au cours desquelles il lui fait ses confidences. Sous la plume inspirée de Leblanc, ces quelques notes s’animent et se font romans populaires, aujourd’hui grands classiques de la littérature française.

 

Au cœur d’Etretat, « Le Clos Lupin », devenu refuge, préserve l’auteur des agitations liées au succès et voit ainsi naître de fabuleuses aventures tels que L’île aux trente cercueils (1919), Les Huit coups de l’horloge (1923), La Comtesse de Cagliostro (1924) ou La Barre y va (1931).

 

Mais, d’un conflit à l’autre, vingt ans plus tard, en septembre 1939, la guerre est déclarée. Deux années s’écoulent avant que Maurice Leblanc ne referme une dernière fois la grille du jardin et quitte « Le Clos Lupin » sans savoir qu’il n’y reviendra pas. Il gagne alors la zone libre et retrouve sa famille. Il s’éteint en novembre 1941.

Comme bien des villas, « Le Clos Lupin » est occupé durant ces années noires et dans l’après-guerre, en 1952, Claude Leblanc, fils de Maurice, ne peut éviter la vente de la villa. Arsène Lupin devient alors un héros de papier, un souvenir d’autrefois.

 

Ce n’est que 46 ans plus tard, en 1998, que Florence Boespflug-Leblanc, petite-fille de Maurice, rachète « le Clos Lupin » avec l’envie de rendre à la villa son parfum oublié, mêlant la présence de son grand-père et la silhouette d’Arsène Lupin. En juin 1999, « le Clos Arsène Lupin, maison Maurice Leblanc » ouvre ses portes au public, donnant ainsi un lieu de naissance et des racines aux nombreux récits.


Entre imaginaire et réalité, la villa se pare de mystère, se joue des ombres et s’enveloppe de rêve. La voix de Georges Descrières, le plus célèbre des Lupin, nous guide de pièce en pièce, du bureau de Maurice Leblanc au cœur même de l’Aiguille creuse. Arsène Lupin nous entraîne sur la piste du trésor des Rois de France. Ganimard et Beautrelet ne sont certes pas loin mais, toujours à la suite du génial cambrioleur, nous conservons une porte d’avance.

 

Au final, la scénographie est efficace et la déambulation magique. Dans le feutré d’une villa toujours habitée par l’esprit d’un auteur, par l’âme de son héros, le visiteur découvre un univers où cohabitent la Joconde, les énigmes et les grimages.


L’univers d’Arsène Lupin.


Que voulez-vous... Certains héros sont éternels... 

 

http://www.arsene-lupin.com/

 

Par Nous - Publié dans : Voyages
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Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /Déc /2008 18:08
C'est le dernier article de l'année la plus longue de ma vie (un jour et surtout une seconde de plus que les autres années)... et ce n'est pas pour autant que je vais trouver plus de choses à dire. Rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle révolution terrestre à boucler.
Par Mehdi T. - Publié dans : Pensée
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 11:29
Dans une partie avancée du TGV, le monde se divise en deux ensembles, deux clans qu'on a pris le soin de séparer : les Zap et les Zen. Je découvre alors que je fais partie des Zap. L'option m'avait échappée au moment d'acheter le billet sur internet. Maintenant que je suis embarqué dans cette aventure humaine lancée à 300km à l'heure à travers la campagne, je dois m'adapter, me plier aux règles inhérentes à mon groupe. Avant le départ, dans le haut parleur, une voix nous (Zap et Zen confondus) souhaite la bienvenue à bord. Elle nous rappelle les formalité, les usages, les fondements qui caractérisent chacune des orientations choisies. J'apprends ainsi que si vous avez cliqué sur ZEN, vous flottez dans une bulle de sérénité, bien que vous ne vous trouviez qu'au niveau inférieur de la voiture. Vos portables et vos lèvres sont en mode silence. Et vous ne serez pas dérangé. Alors que si vous avez cliqué sur ZAP, vous êtes open, affable - et non aphone- et c'est d'ailleurs le moment de dire bonjour à votre voisin(e). Je me tourne docilement sur ma gauche: personne n'est assis à côté de moi... je me tourne sur ma droite et salue mon reflêt qui glisse sur fond d'immeubles gris. Restons zen.. euh je voulais dire plutôt "zappons". C'est alors que, marqué par le sceau de cette nouvelle vision manichéenne des voyageurs, je me plonge dans une réflexion binaire. Il y aurait ainsi deux catégories d'individus qui prennent le train, deux tendances qui ne peuvent cohabiter : l es voyageurs calmes qui respectent leur entourage et qui conçoivent leur trajet comme un moment de repos et les voyageurs conviviaux et festifs, avides de rencontres et d'échanges. A moins qu'il y ait plutôt d'un côté des gens antipathiques, apathiques et pathétiques et de l'autre des gens bavards, braillards, agités et trop polis pour être honnêtes. Pendant que tout ce petit monde arrive rapidement à destination, ayons une pensée pour les "ID Zut j'ai raté le train !".
Par Mehdi T - Publié dans : Pensée
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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 19:15

Au fond, il n'ait Pays que de l'enfance. Roland Barthes

Certains lieux improbables ont réellement existé. L’enfance, plongée dans une lointaine insularité, appartient à cette cartographie oubliée, à peine effleurée par bribes. Heureusement le langage cinématographique parvient parfois à localiser ces moments perdus. Après des années, Guy Maddin adulte revient ainsi sur cette île qui l’a vu grandir sous la vigilance et l’autorité d’un phare. Un phare particulier destiné aux orphelins naufragés, somnambules aux allures de lucioles ou de fantômes, silhouettes lumineuses qui courent dans la nuit la plus opaque  ou ombres qui se découpent en plein jour sur fond d’océan. Mais Guy Maddin et sa sœur ne sont pas des orphelins (comme les autres) car leurs parents sont bien présents dans cet orphelinat dont ils sont les tenanciers… On le comprend vite, ce récit autobiographique n’est pas construit selon un mode conventionnel. Il formule un heureux pied de nez aux autobiographies romancées qui n'assument pas leurs écarts. Ici, quoique les références au passé ne convoquent pas une réalité documentaire, elles restent sincères et fidèles à l’expérience vécue. Le souvenir comme fiction est accessible par cet univers mental si personnel. Le choix d'un montage haletant traduit cette expérience neurologique donnant libre cours aux réminiscences que finit par partager physiquement le spectateur. Alors que Guy Maddin ajoute des couches de peinture sur la façade du phare des figures réinvestissent un espace vide pour incarner les flashbacks qui avancent à tâtons... et les visions se meuvent. Des plans très courts, des flashs précipités, tendent à rendre compte de l’aspect insaisissable du souvenir, une accumulation d’instants qui nous échappent. Une profusion de plans syncopés, frénétiques, chancèlent dans ce prisme ébréché, ce kaléidoscope effréné où les sensations, les émotions de l’enfance défilent avec toujours cette même substantifique candeur. Et la voix d'Isabella Rossellini cède peu à peu le pas aux brefs intertitres dont la scansion participe au rythme bousculé symptomatique d'une mémoire fébrile et brouillée. Certes on pourrait très bien résumer de façon linéaire cette autobiographie mais ce serait éluder la forme qui fait réellement corps avec le sujet ; car la narration et le récit se confondent.

L’accès à ce monde enfantin s’opère notamment par des trouées tantôt obscures, tantôt éblouissantes : des trous de mémoire, des trous dans la tête, des trous noirs où l’on se trouve happé. Tout nous est raconté, rien ne nous est expliqué. Une enquête est menée. Le noir et blanc tranchera. Et l’on se laisse conduire par ce récit fragmentaire, par ces sensations lapidaires, sans résistance, une fois acceptés l’hallucination, le fantasme, l’ironie onirique qui témoignent de faits bien réels. L’incohérence est une sentence d’adulte pour condamner toute tentation au rêve, à l’idylle qu’il nous arrive de commettre. Les évocations de Guy Maddin, quel que soit leur sujet, sont des poèmes à tiroir où la nostalgie du passé n’est qu’une expression du présent parmi d'autres.

Brand Upon the Brain, Guy Maddin 2007.

Extrapolation digressive
Pour revenir sur les lieux de son enfance Guy Maddin tourne pour la première fois au large de Winnipeg (à Seattle !), et situe l'action de Brand upon the Brain sur une île. Winnipeg, sa ville natale qu’il n’a jusque là jamais quittée, devient le sujet central de son prochain long métrage (My Winnipeg / Winnipeg mon amour dont la sortie française est prévue en 2009) que le réalisateur n'hésite pas à considérer comme un documentaire. Le na
rrateur, Guy Maddin, cette fois sur le point de quitter les lieux où il a toujours vécu, retrace l'histoire de cette ville canadienne si particulière parce que personnelle. Winnipeg, à égales distances des trois océans, au centre excentré, à la périphérie des excentricités, ne peut se raconter qu'en empruntant des détours. Bien qu'il ne soit plus question d'un championnat du monde de mélodies tristes, il y a encore des événements insolites qui ont marqué l'histoire de Winnipeg. Une chance que Guy Maddin sache si bien nous baratiner. Tout est tellement si vraisemblable dans ses propos qu'on en viendrait à douter de l'existence même de Winnipeg... et de Guy Maddin.


 


Par Mehdi T - Publié dans : Cinéma
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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 12:01

Septembre 2005.

Afin de présenter un musée déjà moribond, et d’évoquer l’étroit lien unissant l’art et le sport, je m’envole d’un Paris blafard, fuyant un quotidien malgré tout amer.

Quelques heures dans les étoiles auprès d’une lune voilée, survolant les tempêtes et les orages… Puis, au détour d’une aile, dans la nuit la plus noire, l’antique cité m’apparaît. Athènes est là, brillante de feux de joies et de lanternes nocturnes.

 Mon nom sur une pancarte m’arrache un sourire. Un comité d’accueil, un brin d’asphalte, et voici l’enceinte royale et hautement sécurisée d’un Palace verdoyant. Une « petite chambre », aussi grande que mon appartement de banlieue, m’est réservée pour trois jours et deux nuits. Malgré l’obscurité, je devine la mer à mes pieds.

Au matin commencent les réjouissances. J’installe une exposition de voyage et prépare mon texte. Attablé en terrasse, j’écris, relis et modifie. Seul compagnon dans cette brise tiède, un chat m’effleure et s’allonge sur le fauteuil voisin. Quelques groupes passent sans me voir…

Au programme de cette conférence européenne figurent de nombreuses interventions. Souvent scientifiques, parfois graves, les sujets s’enchaînent sur trois jours. « Le dopage et la santé », « la reconversion des athlètes de haut niveau », « la violence dans et autour du sport », « l’obésité et l’éducation par l’activité physique »… Que du léger !

Finlandais, Italiens, Grecs, Russes… Au fond de la salle, les traducteurs ne chôment pas. Ministère de la culture et des sports grecs, ministère de l’Intérieur autrichien, Unesco… et moi.
Ce que je fais là ? La question reste posée.

Une vaste cérémonie guindée précède le dîner. Ma plus belle cravate devait m’aider à me fondre dans la foule. Raté ! J’étonne et détone. Mon costume peut-être ? Mon âge sans doute ! A plusieurs reprises, des coupes de champagne et différentes liqueurs me sont commandées. Ils insistent… Je signe : « Non, je ne travaille pas pour l’hôtel ! »

Alors, las de cette comédie intello-culturelle, je m’éloigne. A mi-chemin de Lost in translation et The Party, quelque part en zone libre, j’erre entre la plage et l’hôtel… Ici un piano aux notes évasives et légères, là une piscine claire qui se noye dans la mer. Loin de tout, dans cette bulle physique et temporelle, j’oublie Paris quelques heures et je respire. Ma retraite est un luxe aux frais de la Princesse, c’est vrai. Alors je savoure ma solitude ailleurs.

Le lendemain est une autre chanson. Un air pétrifiant qui n’est pas sans m’évoquer Chopin et sa triste marche. Le jour du pupitre. La pression monte d’autant plus vite que j’apprends la présence de certaines personnalités de la politique européenne. Je tremble comme une feuille, mais je n’ai pas le choix.

Arrive l’instant critique. Après un faux départ flirtant avec le ridicule, je me dresse face à la foule silencieuse. Je me présente… L’écho me renvoi mes propos en cinq langues. J’annonce mon sujet… Les visages se détendent, quelques sourires se dessinent. C’est parti ! Je présente le musée et ses expositions, termine par l’éclairage d’une œuvre spécifique. Le courant passe, je le sens. J’aime ce tableau et le public découvre ses secrets lors de cette calme récréation. Tout se déroule à merveilles.

Mais je n’ai guère le temps de m’en féliciter. Très vite, mon avion décolle et je retrouve un Paris déjà moins blafard.


Par Micha - Publié dans : Voyages
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /Sep /2008 14:29


Loin sous la roche des Alpilles, à quelques mètres des Baux-de-Provence, il est un rêve éveillé, caché, insoupçonné.
 

Une ancienne carrière abandonnée dont les murs témoignent d’une extraction forcenée ; une voûte inaccessible perdue là-haut ; une fraîcheur printanière sous la pierre ; une nuit permanente et profonde…

Et soudain… Van Gogh.

Vincent Van Gogh…

Tournesols, portraits de jeunes femmes, St-Paul-de-Mausole, et Auvers-sur-Oise envahissent la carrière devenue cathédrale d’images. Les parois escarpées se parent de jaune, de bleu, de rouge pour un feu d’artifice souterrain, un concert de couleur.

Un concert oui… car Vincent n’est pas venu seul. Avec lui, Haendel, Prokofiev, Bach, Saint-Saëns ou Schubert hantent les lieux. Ensemble, ils s’élancent, donnent vie à la lumière qui nous enveloppe. Les peintures dansent et virevoltent, enlacent et envoûtent.


Ombres immobiles dans l’immensité, les visiteurs ouvrent les yeux et plongent dans l’œuvre. Nuits étoilées, paysannes, Arles et St-Rémy de Provence… Le spectateur se fond dans le tableau. Pétrifié de bonheur, il ne bouge plus. L’œuvre vient à lui. Et lorsque la nuit tombe et s’allonge le long des murs, le cœur des plus accrochés chavire.

Par Micha - Publié dans : Voyages
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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 23:53

Ttiana et Bottom (in Songe d'une nuit d'été), John Anster Fitzgerald.
Par Mehdi T. - Publié dans : Images vagabondes
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